Guides pratiques

Préparation des boiseries

Neuf dixièmes d'une belle finition se jouent avant le premier coup de pinceau. Voici, finition par finition et bois par bois, ce que font les ébénistes et les peintres avant d'ouvrir le pot — grains, produits, temps de séchage compris.

Composer ma préparation

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Tout se joue avant la finition

Une finition ne tient jamais mieux que le support qui la porte. Une peinture qui s'écaille, une huile qui poisse, une teinte marbrée, une laque qui blanchit : dans neuf cas sur dix, la cause n'est pas dans le pot mais dans ce qui a été fait — ou pas fait — avant. Le bois est un matériau vivant : il respire, bouge avec l'humidité, exsude de la résine, et chaque essence réagit à sa façon.

La préparation répond à quatre questions, toujours les mêmes. Le bois est-il sec — moins de 18 % d'humidité, 12 à 15 % pour une menuiserie intérieure ? Est-il propre — sans graisse, silicone, cire ni poussière ? Est-il sain — nœuds bloqués, fentes réparées, anciennes couches retirées ou accrochées ? Est-il ouvert — poncé au bon grain, ni trop grossier, ni « brûlé » par un grain trop fin que l'huile ne traverserait plus ? Le reste de cette page ne fait que décliner ces quatre questions selon la finition que vous visez et le bois que vous avez sous la main.

Gros plan sur un plateau de chêne brut poncé, grain par grain, le papier abrasif posé à côté
Sec, propre, sain, ouvert : les quatre états d'un bois prêt à recevoir sa finition

À vous de jouer

Le planificateur de préparation

Choisissez la finition que vous visez et le bois que vous avez : nous composons votre feuille de route — les gestes dans l'ordre, le grain final, les produits, les temps à respecter et les pièges propres à cette combinaison.

La finition visée

Le bois à préparer

Une feuille de route générique, composée à partir de nos fiches techniques : la fiche du produit que vous utiliserez reste la référence, et un essai sur une chute ou une zone cachée reste le meilleur des conseils.

La règle du ponçage

La progression des grains

Chaque grain efface les rayures du précédent — et seulement du précédent. On ne saute pas de grain, on ne ponce jamais en travers du fil, et l'on s'arrête au grain que la finition réclame : trop fin, le bois se ferme ; trop grossier, il boit et raye.

40–60
Décapage mécanique
Vieux parquets, épaisseurs de peinture, bois grisaillé : à la ponceuse, jamais à la main sur un meuble.
80
Dégrossissage
Aplanir, effacer les traces de rabot et de scie, redresser un plateau. Premier grain d'un bois brut.
120
Uniformisation
Effacer les rayures du 80, égaliser la surface. Le grain pivot de toute progression.
150
Finition parquet
Grain final d'un parquet avant huile-cire dure : le bois reste assez ouvert pour boire l'huile.
180
Finition mobilier
Grain final avant huile, teinte, peinture ou gomme-laque sur un meuble ou une menuiserie. Le grain le plus utile de l'atelier.
220–240
Surface de laque
Après le bouche-pores, avant une laque ou un vernis ; égrenage d'un apprêt. Lisse comme du verre.
320–400
Égrenage fin
Entre les couches de laque, de vernis ou de brillant : retirer les points de poussière sans entamer le film.
0000
Laine d'acier 0000
Appliquer une cire, matifier une gomme-laque deux jours après la dernière couche, égrener en douceur. Jamais sous une finition à l'eau : les particules rouillent.
Huit feuilles de papier abrasif alignées du grain 40 au grain 400, et une pelote de laine d'acier, sur un établi
Du 40 au 400 : chaque grain efface les rayures du précédent, et seulement du précédent

Finition par finition

Chaque finition a sa préparation

Huit familles, huit exigences. Une peinture pardonne ce qu'une laque révèle ; une huile réclame un bois ouvert qu'une gomme-laque voudrait fermé. Voici, pour chacune, l'état exact dans lequel le bois doit être livré — et pourquoi.

01

Peinture — coquille d'œuf, satinée, brillante

La finition qui pardonne le plus — à condition d'être apprêtée

Une peinture opaque cache le bois, pas ses défauts de surface. Les Coquille d'Œuf, Satinée et Brillante multi-surfaces Mylands demandent un bois sec, dégraissé, poncé au grain 180, nœuds bloqués et réparations affleurantes — puis l'Apprêt Multi-Supports, teinté dans la famille de la couleur, qui scelle le fond, unifie l'absorption et donne l'accroche. Sans lui, la première couche de finition est bue par le bois et la seconde ne couvre qu'à moitié.

Plus la brillance monte, plus l'exigence monte avec elle : une Coquille d'Œuf (≈ 15 % de brillance) tolère une légère ondulation que la Brillante soulignera comme un miroir. Sous une satinée ou une brillante, égrenez l'apprêt au grain 240, dépoussiérez au chiffon collecteur et travaillez en couches fines, sans revenir sur une zone qui tire. Deux couches de finition ; 4 à 6 heures entre chacune selon la fiche du pot, sept jours avant la dureté d'usage.

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Peinture

Grain final
180, puis 240 sur l'apprêt
Fond
Vernis à nœuds + Apprêt Multi-Supports
Couches
1–2 d'apprêt, 2 de finition
Entre couches
4–6 h (voir fiche produit)
Dureté complète
≈ 7 jours
Application
Brosse synthétique, rouleau mousse fine
Le piège classique Peindre directement sur un bois neuf sans apprêt : la couleur « flashe » par zones, et les nœuds ressortent en jaune au premier été.

02

Peinture mate profonde

Le mat absolu, même sur une porte

La Mate Profond multi-surfaces (≈ 5 % de brillance) est la finition de l'immersion couleur — murs, boiseries et plafond d'une même teinte, sans rupture. Sa préparation est celle d'une peinture classique : bois sec, dégraissé, poncé au 180, nœuds bloqués, Apprêt Multi-Supports. Son mat gomme les petites irrégularités qu'une satinée révélerait, ce qui en fait la finition la plus indulgente sur une boiserie ancienne.

Sa contrepartie : un mat aussi profond se lave moins facilement qu'une coquille d'œuf, et marque au frottement sur une main courante ou un chant de porte. Réservez-le aux boiseries peu sollicitées, et soignez l'apprêt — une absorption inégale se lit, sur un mat, comme une différence de teinte.

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Mat profond

Grain final
180, puis 240 sur l'apprêt
Fond
Vernis à nœuds + Apprêt Multi-Supports
Couches
1–2 d'apprêt, 2 de finition
Entre couches
4–6 h (voir fiche produit)
Dureté complète
≈ 7 jours
Application
Brosse synthétique, rouleau mousse fine
Le piège classique Retoucher une zone sèche : sur un mat profond, toute reprise se voit. On peint un pan entier, d'un seul tenant.

03

Huile pour bois

Nourrir plutôt que couvrir

Une huile ne forme pas de film : elle pénètre. Huile danoise, huile de teck, huile de tung pure, huile de finition ou huile alimentaire — toutes demandent un bois brut, sec (moins de 18 %), exempt de toute finition filmogène et poncé au grain 180 au maximum. Au-delà, les pores se ferment et l'huile reste en surface. Sur un ancien meuble verni, cela signifie revenir intégralement au bois nu.

Appliquez généreusement, laissez pénétrer 5 à 10 minutes, essuyez l'excédent dans le sens du fil — puis, au bout de 20 minutes, essuyez à nouveau tout ce qui reste humide : c'est l'étape déterminante, celle qui sépare une surface veloutée d'une surface poisseuse. Trois couches à 12–18 heures d'intervalle, et un entretien tous les 3 à 6 mois sur un plan de travail. Les bois exotiques gras se dégraissent au diluant cellulosique juste avant.

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Huile

Grain final
180 maximum
Fond
Aucun — bois nu
Couches
3
Entre couches
12–18 h
Dureté complète
Dès que l'eau perle
Application
Brosse, chiffon de coton
Le piège classique Laisser sécher l'excédent « pour que ça nourrisse plus » : l'huile de surface s'épaissit en vernis collant qu'il faudra retirer au diluant.

04

Huile-cire dure

La finition des parquets — et de tout ce qui vit fort

L'huile-cire dure Mylands marie la pénétration d'une huile et la résistance d'une cire durcie : parquets, escaliers, plans de travail, portes, mobilier de jardin. Sa réussite tient à une absorption homogène : ponçage par grains successifs jusqu'au 120–150 sur un parquet, 180 sur un meuble, jamais plus fin ; élimination totale de toute ancienne cire, huile ou laque ; aspirateur puis chiffon collecteur.

Première couche fine et régulière dans le sens du fil, par sections, en retirant immédiatement tout excédent ; 24 heures ; léger égrenage au 240 si le fil s'est relevé ; seconde couche plus parcimonieuse. Sec en 6 à 8 heures, praticable à pas feutrés après 24 heures, durci chimiquement en 7 à 10 jours — pas de tapis ni de meubles lourds avant. Les versions teintées (Burnt Earth, Pale Slate, Wenge…) colorent et protègent en une seule opération.

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Huile-cire dure

Grain final
120–150 parquet · 180 mobilier
Fond
Aucun — bois nu
Couches
2
Entre couches
24 h
Dureté complète
7–10 jours
Application
Brosse à parquet, rouleau poils courts, chiffon
Le piège classique Un îlot d'ancien vernis oublié dans un angle : l'huile ne l'imprègne pas et la tache claire restera visible sous toute la finition.

05

Teinte, puis finition incolore

La couleur sans la protection

Une teinte n'apporte que la couleur : elle doit toujours être scellée ensuite par une laque, un vernis, une gomme-laque, une huile-cire ou une cire. Et elle agit comme une loupe sur la préparation : la moindre rayure circulaire, la moindre trace de colle ressortira dès que le colorant touchera le bois. Ponçage méticuleux 80-120-150-180, dégraissage au diluant cellulosique, dépoussiérage parfait.

Trois familles : les teintes à l'eau, douces, égales, qui relèvent le fil (humidifiez et égrenez avant) ; les Light Fast à l'alcool, sèches en 10 à 15 minutes, qui ne relèvent pas le fil et se superposent pour la profondeur ; les Earth Stain, minérales et contemporaines. Sur un résineux marbreux, teinte à l'eau d'abord. Sous une finition à l'eau, une teinte à l'alcool réclame une couche d'isolation à la gomme-laque.

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Teinte

Grain final
180
Fond
Teinte à l'eau sur résineux · isolation gomme-laque sous finition à l'eau
Couches
1–2, puis la finition
Entre couches
10–15 min (Light Fast)
Dureté complète
Celle de la finition
Application
Chiffon, éponge, pistolet
Le piège classique Une trace de ponçage circulaire invisible sur le bois nu, et parfaitement visible une fois teintée. On ponce dans le fil, en lumière rasante.

06

Laque ou vernis

La dureté professionnelle — sur une surface de verre

Une laque révèle tout. Le Mylac — polyuréthane en phase aqueuse, mono ou bi-composant — et les vernis Quick Dry exigent un support parfaitement lisse : sur les bois à pores ouverts (chêne, frêne, noyer) comme en tournage, bouche-pores cellulosique d'abord, puis ponçage au grain 220. Une finition à l'eau relève le fil : humidifiez, laissez sécher, égrenez avant la première couche.

Deux à trois couches régulières, 3 à 4 heures entre chacune, égrenage systématique au papier stéaraté 220–320 pour retirer les points de poussière. Au pinceau, une brosse synthétique de qualité et pas de retouche sur une zone qui tire. Atmosphère fraîche et sèche — l'humidité provoque le voile blanc. Usage léger après 24 heures, dureté complète à 7 jours ; le Mylac Extra (bi-composant, durée de vie en pot 2 heures) pour les comptoirs et les zones à très fort passage.

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Laque / vernis

Grain final
220 après bouche-pores
Fond
Bouche-pores cellulosique · Shellac Barrier Seal sur parquet teinté
Couches
2–3
Entre couches
3–4 h
Dureté complète
24 h usage léger · 7 jours
Application
Pistolet, brosse synthétique
Le piège classique Laquer un chêne sans bouche-pores : la surface garde la texture des pores et ne sera jamais le miroir attendu.

07

Vernis au tampon (gomme-laque)

Le plus haut niveau de préparation

La gomme-laque est la finition des ébénistes et des restaurateurs — French Polish, Button Polish, Garnet, Superfine White pour les bois clairs — et elle ne pardonne rien. Bois poncé au grain 180 au minimum, pores bouchés sur les essences ouvertes, atelier chaud et parfaitement sec : l'humidité la fait blanchir. Si une couleur est souhaitée, le bois est teinté d'abord — Earth Stain, Nitrostain, teinte à l'eau.

La méthode traditionnelle, au tampon de ouate enveloppée de coton : l'aiguisage dans le fil pour boucher les pores, le corps en mouvements circulaires avec une goutte d'huile de lin crue, l'ébarbage à l'alcool seul pour retirer le lubrifiant et révéler le miroir. L'alternative : le bouche-pores 2000 Pale Shellac à la queue-de-morue, 2 à 5 couches. Pour une patine ancienne, matifiez à la paille de fer fine deux jours après la dernière couche. Entièrement réparable : les nouvelles couches fondent dans les anciennes.

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Gomme-laque

Grain final
180 minimum
Fond
Bouche-pores · teinte éventuelle · 2000 Pale Shellac
Couches
2–5
Entre couches
Quelques minutes (évaporation)
Dureté complète
Matifier après 2 jours
Application
Tampon, queue-de-morue
Le piège classique Travailler un jour de pluie : la gomme-laque emprisonne l'humidité et se couvre d'un voile laiteux qu'il faut reprendre à l'alcool.

08

Cire

La patine — sur un bois déjà scellé

La cire n'est pas un fond, c'est un lustre. Elle s'applique sur une surface déjà scellée — gomme-laque, vernis, peinture — ou sur un bois brut propre et poncé, dont elle deviendra la patine. En présence d'une ancienne cire encrassée, le décapant cire et vernis Mylands d'abord : c'est ce qui garantit un lustre net. Les cires Mylands, à la cire d'abeille et de carnauba, sans toluène, nettoient et lustrent en une seule opération.

Parcimonieusement, au chiffon doux ou à la laine d'acier 0000, par petits mouvements circulaires ; égalisez, laissez apparaître un voile mat, puis lustrez dans le fil au chiffon propre ou à la brosse en crin. Après 10 minutes, une seconde couche peut se superposer. Les cires teintées — Stripped Pine, Antique Brown, Dark Oak, Liming — colorent un pin ancien, vieillissent un bois neuf ou cérusent un chêne. Une à deux applications par an suffisent ensuite. Pas sur un parquet.

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Cire

Grain final
180–240, ou surface déjà scellée
Fond
Bois nu propre, ou gomme-laque / vernis
Couches
1–2
Entre couches
10 min
Dureté complète
Lustrage immédiat
Application
Chiffon, laine d'acier 0000, brosse en crin
Le piège classique Cirer un parquet : il glisse, marque et ne se nettoie pas. Un sol se laque ou s'huile.

Bois par bois

Chaque bois a son caractère

Un pin et un chêne ne se préparent pas de la même façon, et un teck pas du tout comme un hêtre. Six familles, leurs défauts de caractère, et les gestes qui les corrigent.

Six échantillons de bois bruts côte à côte — pin noueux, hêtre, chêne à pores ouverts, teck, MDF et un fragment de porte ancienne peinte
Pin, hêtre, chêne, teck, médium, bois ancien : six caractères, six préparations

Résineux neuf

Pin, sapin, épicéa, mélèze, douglas, red cedar

Caractère
Tendres, légers, bon marché et pleins de vie : nœuds vifs, poches de résine, fil qui se relève, alternance de bois de printemps tendre et de bois d'été dense qui boit la teinte par plaques. Le pin ancien prend une patine miel que les restaurateurs recherchent.
Préparation spécifique
Vérifier le séchage (un résineux frais exsude pendant des mois) ; vernis à nœuds Mylands sur chaque nœud vif et poche de résine avant toute peinture ; ponçage 120-150-180 sans insister (le bois tendre se creuse) ; teinte à l'eau d'abord pour unifier avant une Light Fast ; sous une finition à l'eau, relever le fil à l'avance.
Finitions qui lui vont
Peinture coquille d'œuf ou satinée sur apprêt ; cire Stripped Pine ou Antique Brown sur un pin ancien ; huile-cire dure sur un plancher en pin ; teinte à l'eau Antique Pine sous vernis.
À éviter
Brillante sans apprêt ni vernis à nœuds ; teinte à l'alcool directement sur bois nu (marbrures) ; huile sur un bois encore résineux.

Feuillu à pores fins

Hêtre, érable, bouleau, merisier, poirier, tilleul, charme

Caractère
Denses, homogènes, au grain serré qui se ponce comme du marbre : la surface idéale pour une peinture, une laque ou une gomme-laque pâle. Leur défaut : une absorption parfois capricieuse — l'érable et le bouleau se teintent par plaques — et une tendance à brunir à la chaleur.
Préparation spécifique
Ponçage jusqu'au 220 sous laque ou peinture, 180 sous huile ou teinte (le grain serré se ferme vite) ; teinte diluée ou à l'eau, en couches légères, essai sur chute ; pas de bouche-pores nécessaire ; sur le hêtre destiné à la cuisine, huile alimentaire ou Mylac Extra.
Finitions qui lui vont
Laque Mylac sur un plan de cuisine en hêtre ; peinture brillante sur une porte en bouleau ; Superfine White Polish ou Special Pale Polish sur érable et sycomore ; huile alimentaire sur planches et bols.
À éviter
Teintes foncées très pigmentées sans essai (plaques) ; cire comme unique protection sur un plan de travail.

Feuillu à pores ouverts

Chêne, frêne, noyer, châtaignier, orme, wengé

Caractère
Durs, nobles, au veinage marqué et aux pores larges : c'est leur beauté et toute la difficulté. Les pores ouverts doivent être bouchés avant une laque ou une gomme-laque ; le chêne et le châtaignier sont riches en tanins qui noircissent au contact de l'eau et du fer, et peuvent traverser une peinture claire en auréoles.
Préparation spécifique
Ponçage 120-150-180 dans le fil (les rayures se logent dans les pores) ; bouche-pores cellulosique puis 220 sous laque et gomme-laque ; jamais de laine d'acier sous une finition à l'eau (particules → taches noires) ; sous une peinture claire, isolation à la gomme-laque ou apprêt bloquant les tanins ; le chêne se céruse à la cire Liming.
Finitions qui lui vont
Huile-cire dure sur un parquet en chêne ; Button Polish ou French Polish sur noyer et chêne ancien ; cire Liming sur chêne cérusé ; Mylac satin sur un plateau de frêne ; Water Stain Medium Oak sous vernis.
À éviter
Laque directe sans bouche-pores ; peinture blanche sans isolation ; éponge humide et laine d'acier sur un chêne nu.

Bois exotique gras

Teck, iroko, ipé, acajou, sapelli, padouk

Caractère
Denses, stables, naturellement gras : les huiles et résines qui les protègent dehors sont ce qui empêche une finition de sécher dedans. Certains — sapelli, padouk — dégorgent leur couleur dans une finition claire. L'acajou est le bois historique du vernis au tampon.
Préparation spécifique
Ponçage 150-180, pas plus fin ; dégraissage au diluant cellulosique juste avant d'appliquer (et non la veille : l'huile remonte) ; sur les bois les plus gras, couches très fines et temps de séchage rallongés ; sous une finition à l'eau, isolation à la gomme-laque ; sous peinture, Apprêt Multi-Supports après dégraissage.
Finitions qui lui vont
Huile de teck Durax sur teck et iroko (mobilier de jardin) ; French Polish, Button Polish ou Garnet sur acajou ; Light Fast Antique Mahogany pour raviver ; huile de tung pure sur un plateau d'ipé.
À éviter
Vernis à l'eau directement sur bois gras (décollement) ; huile épaisse non essuyée (poisse plusieurs semaines) ; cire pâle sur un bois qui dégorge.

MDF / médium

MDF, médium, panneaux de fibres et de particules

Caractère
Pas de fil, pas de nœud, pas de pore : une surface parfaitement plane, rêvée pour une peinture — et deux faiblesses. Les chants boivent tout et gonflent irréversiblement à l'eau ; la poussière de ponçage est fine et irritante.
Préparation spécifique
Masque FFP2 et aspiration ; dépoussiérage à sec, jamais humide ; chants scellés par deux couches d'apprêt (la première légèrement diluée), égrenées au 240 ; faces apprêtées une à deux fois ; égrenage 240 ; pas de cire, d'huile, de teinte ni de gomme-laque — un panneau se peint.
Finitions qui lui vont
Peinture coquille d'œuf, satinée ou brillante sur Apprêt Multi-Supports ; Mate Profond pour une bibliothèque immergée dans la couleur du mur.
À éviter
Toute finition pénétrante ou transparente ; eau sur panneau nu ; chants non scellés sous une peinture brillante.

Bois déjà fini

Boiseries peintes, vernies, laquées ou cirées

Caractère
La préparation dépend de ce qui s'y trouve déjà — et de son état. Une ancienne finition saine est un fond excellent pour une nouvelle peinture ; une finition qui farine, cloque ou s'écaille doit partir ; et aucune finition pénétrante (huile, huile-cire, teinte) ne traverse un film.
Préparation spécifique
Identifier la finition (test du coin de chiffon) et l'époque (plomb avant 1949) ; peinture saine → lessivage, dépolissage au 180-240, apprêt sur les zones mises à nu ; peinture dégradée → décapage, rinçage, 24 h, apprêt ; cire → décapant cire et vernis, puis white spirit ; vernis ou laque sous une nouvelle laque → retour au bois nu ; sous huile ou teinte → retour au bois nu, sans exception.
Finitions qui lui vont
Repeindre une porte saine en Coquille d'Œuf après dépolissage et apprêt ; recirer un pin ancien après décapage de la cire encrassée ; raviver une gomme-laque fatiguée au nettoyant-rénovateur, puis au tampon.
À éviter
Peindre sur une cire (rien n'adhère) ; huiler sur un vernis (tache claire) ; poncer à sec une peinture ancienne au plomb.

Reconnaître l'ancienne finition

Le test du coin de chiffon

Dans un angle discret, un coin de chiffon imbibé d'un solvant, trente secondes, et l'ancienne finition avoue. Procédez dans l'ordre, du solvant le plus doux au plus fort.

Solvant Ce qui se passe Donc Préparation
White spirit La surface ramollit, le chiffon se charge Cire Décapant cire et vernis Mylands, laine d'acier 0000, rinçage au white spirit. Rien n'adhère sur la cire.
Alcool à brûler La surface devient collante et se dissout Gomme-laque (vernis au tampon) Réparable sans décapage : nettoyant-rénovateur puis nouvelles couches au tampon. Sous une autre finition : retrait à l'alcool et à la laine d'acier.
Diluant cellulosique La surface se ride et se dissout Laque nitrocellulosique Retour au bois nu au diluant et au décapant, puis ponçage, avant toute finition pénétrante ; dépolissage au 240 sous une nouvelle laque compatible.
Aucun des trois Rien ne bouge Vernis ou laque polyuréthane, peinture moderne Sain : dépolir au 180-240 et apprêter pour repeindre. Dégradé, ou sous huile, teinte ou huile-cire : décapage complet jusqu'au bois nu.

Les règles d'or

Ce que l'atelier ne négocie pas

Quatre règles que les professionnels appliquent sans y penser — et que l'on paie toujours d'avoir oubliées.

01

La sécurité d'abord

Chiffons huilés trempés dans l'eau ou étalés dehors, jamais en boule ; ventilation et masque avec les solvants et la poussière de MDF ; gants pour les décapants ; peinture d'avant 1949 présumée au plomb — décapage à froid, pas de ponçage à sec.

02

On ne saute pas de grain

Du 80 au 180, chaque grain efface les rayures du précédent et seulement du précédent. Un grain sauté, et les rayures du 80 réapparaissent sous la teinte comme des cheveux blancs. Toujours dans le fil, toujours en lumière rasante pour contrôler.

03

Le climat fait la finition

15 à 25 °C, moins de 65 % d'humidité, pas de courant d'air. Une gomme-laque ou une laque posée un jour humide blanchit ; une huile posée dans le froid ne sèche pas ; une peinture posée en plein soleil tire et garde les traces de brosse.

04

La chute avant le chef-d'œuvre

Toute la séquence sur une chute de la même essence : c'est là que l'on découvre qu'un érable se teinte par plaques, qu'un chêne noircit sous l'eau ou qu'un 240 ferme le bois à l'huile. Dix minutes d'essai valent une semaine de décapage.

Vos questions sur la préparation du bois

Faut-il vraiment un apprêt sous une peinture pour boiseries ?

Sur un bois neuf, réparé, poreux ou de teinte très différente, oui, sans exception : l'Apprêt Multi-Supports scelle le fond, unifie l'absorption, donne l'accroche et économise souvent une couche de finition entière — comptez 0,5 L d'apprêt pour 1 L de peinture. Sur une ancienne peinture saine, simplement dépolie et dans une teinte proche, il peut être réservé aux zones mises à nu.

Quel grain pour finir le ponçage ?

Celui que la finition réclame. 120 à 150 sur un parquet avant huile-cire dure ; 180 sur un meuble avant huile, teinte, peinture ou gomme-laque ; 220 après un bouche-pores et avant une laque ; 240 à 320 pour égrener entre les couches. Plus fin n'est pas mieux : au-delà de 180, un bois nu se ferme et n'absorbe plus une huile ni une teinte.

Comment empêcher les nœuds du pin de traverser la peinture ?

Par le vernis à nœuds, appliqué sur chaque nœud vif et poche de résine avant la sous-couche : deux couches fines, White Knotting sous une couleur claire, Patent Knotting sous les autres. Et par la patience : un résineux fraîchement débité exsude pendant des mois ; un bois sec et stabilisé n'a presque plus rien à donner.

Peut-on huiler ou teinter un meuble déjà verni ?

Pas sans revenir au bois nu. Une huile, une huile-cire ou une teinte pénètrent ; un vernis, une laque ou une peinture forment un film qu'elles ne traversent pas. Le moindre îlot de film oublié restera une tache claire et sèche. Décapant puis ponçage complet, dépoussiérage, et seulement alors la finition pénétrante. Pour repeindre, en revanche, un vernis sain se dépolit simplement au 180-240 et s'apprête.

Pourquoi ma teinte est-elle marbrée sur le pin ?

Parce que le pin alterne un bois de printemps tendre, qui boit la teinte, et un bois d'été dense, qui la refuse — et qu'une teinte à l'alcool, très rapide, fixe cet écart. Appliquez d'abord une teinte à l'eau Mylands, plus douce et plus égale, qui joue le rôle de conditionneur ; ajoutez la profondeur ensuite avec une Light Fast. Et poncez sans sauter de grain : la teinte révèle chaque rayure.

Combien de temps attendre avant de remettre la pièce en service ?

Sec au toucher n'est pas dur. Comptez 24 heures d'usage léger puis 7 jours pour une laque Mylac ou une peinture multi-surfaces ; 24 heures à pas feutrés et 7 à 10 jours sans tapis ni meubles lourds pour une huile-cire dure ; 12 à 18 heures entre les couches d'huile et une semaine avant d'y poser un objet humide. Une gomme-laque se matifie après deux jours et craint l'eau chaude toute sa vie.

Le bois se souvient de tout ce qu'on lui a fait avant la finition — et de tout ce qu'on a oublié de faire.
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